MENU
Les services municipaux sont mobilisés. Les interventions sont déclenchées selon les prévisions d’échouement élaborées par Méteo France. L’approche préventive est privilégiée pour limiter les impacts.
Depuis 2011, les sargasses frappent régulièrement l’arc caribéen, avec l’apparition d’une nouvelle « mer des Sargasses » zone de développement située au située au large de l’Afrique dans l’Atlantique équatorial. Les sargasses parcourent de longues distances poussées par le courant Nord équatorial avant de s’échouer sur les côtes de la Caraïbe.
Plusieurs hypothèses sont avancées concernant l’apparition de cette grande ceinture de sargasses au large de l’Afrique et la prolifération des sargasses en son sein :
Une première hypothèse concernant l’origine du phénomène (Johns, 2020) lierait l’apparition des sargasses dans l’Atlantique équatorial à un phénomène climatique : des vents d’ouest exceptionnellement forts associés à une oscillation nord-atlantique en 2010 auraient permis la sortie de sargasses hors du gyre de l’Atlantique Nord puis les auraient déplacées par les courants vers l’Afrique où elles auraient rencontré des conditions plus favorables au développement d’un nouveau foyer (Rusterholtz, 2023).
D’autres hypothèses concernent le développement des sargasses au sein de cette nouvelle ceinture par l’apport de nutriments venus d’Afrique et d’Amérique. Une théorie dominante jusqu’en 2021 dans la littérature scientifique (Jouanno et al., 2021) concernait l’augmentation des apports en nutriments depuis les fleuves Amazone, Orénoque et Congo et des rivières tropicales, causée par le changement climatique et l’anthropisation des rives qui, par effet de ruissellement, charrient les nutriments liés à la déforestation et à l’utilisation d’engrais dans l’agriculture. Toutefois, la variabilité annuelle des sargasses comparée à celle des nutriments issus des grands fleuves réfute le lien majeur entre changements hydrologiques et prolifération des sargasses.
Les sargasses reviennent chaque année à la même période parce que leur développement dépend d’une dynamique multifactorielle.
Résultat : les échouages en Guadeloupe se produisent généralement entre mars et septembre, avec des variations selon les conditions météo et océaniques de l’année.
Les sargasses dégagent une odeur insoutenable lorsqu’elles s’accumulent sur le rivage et se décomposent en l’absence d’oxygène. Cela provoque l’apparition de 2 gaz, le sulfure d’hydrogène (H₂S), responsable de l’odeur d’« œuf pourri », ainsi que l’ammoniac (NH3), qui provoque une odeur piquante et irritante ; plus elles restent longtemps au soleil, plus la fermentation s’intensifie et plus les émanations augmentent (sources : ARS Guadeloupe ; ANSES ; Université des Antilles).
À noter que les premières odeurs peuvent apparaître dès 24 à 48h après l’échouage.
Une installation de barrages entre la Pointe Bacchus et la Pointe Roujol est en cours pour empêcher les échouements dans cette partie du littoral peu voire pas accessible avec des moyens terrestres, et ainsi protéger la population des quartiers du bourg.
Attention : les personnes sensibles doivent être particulièrement vigilantes.